Louis Calaferte

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Biographie de Louis Calaferte

Une collision frontale sur autoroute

Né le 14 juillet 1928 en Italie, Louis Calaferte passe son enfance aux environs de Lyon. Il décide de devenir écrivain à 13 ans et publie son premier livre en 1952. Ecrivain mal connu, il est pourtant l’auteur d’une œuvre majeure comprenant des récits, des poèmes, des nouvelles, des essais, des carnets et des pièces de théâtre. Il reçoit le prix Ibsen en 1978 et en 1992, le grand prix national des lettres. Il meurt le 2 mai 1994… Il convient de crier, de s’époumoner, à la manière d’un camelot des rues debout sur son estrade, pour porter à la connaissance du plus grand nombre que, dans la famille restreinte des géants du souffle et de la manière, Louis Calaferte n’a pas son pareil.

Sa rencontre avec la littérature tient de la collision frontale sur autoroute. Je m’enfouissais sous le texte, comme une taupe…J’ai aimé les écrivains. Tous les écrivains. D’un amour de béatitude. Ses auteurs pairs se nomment Kafka, Musil, Canetti, Rilke, Léautaud, Joubert. La langue, toujours travaillée au corps pour que chaque mot dégorge tout son sens, condense, infuse, puis mitraille, implose. La force irradiante de Calaferte aux colères légendaires, cette voix libertaire aussi intransigeante que généreuse n’a plus guère d’équivalent. Il publie son premier roman Requiem des innocents en 1952.

Septentrion, son maître –livre, magistral météorite, fut condamné en 1963 en raison de son caractère pornographique à ne paraître que hors commerce, et ne fut réédité que vingt ans plus tard. Les trois grandes affaires de son existence ont été Dieu, l’esthétisme et les femmes. Ces dernières auxiliaires de la mort dans leur implacable mécanique, se signalent par un déchaînement d’oralité, de gloutonnerie. L’amour reste une affaire de famine.

Calaferte a été, peut-être, le dernier franc-tireur anarchiste mystique – une catégorie (peu répandue) de notre population créatrice. Il s’inspirait à la fois de la philosophie libertaire et des méditations d’Angèle de Foligno, cette demoiselle du XIIIe siècle
que Joris-Karl Huysmans avait dépeinte comme la plus amoureuse des saintes…