Enfance et influencesJoann Sfar naît en 1971 à
Nice, dans une famille moitié séfarade moitié ashkénaze, où on lui raconte toutes sortes de mythes et d'histoires. Dès qu'il sait par quel bout tenir un crayon, il se met à dessiner. Vers 15 ans, il commence à expédier aux éditeurs un projet de BD par mois, qu'on lui refuse systématiquement. C'est aussi vers cet âge qu'il rencontre ses "mentors", Fred, Baudoin et Pierre Dubois (le modèle du Minuscule Mousquetaire).
"Ils m'ont mis dans la tête des trucs sains. Tout ce que je fais, c'est pour leur plaire." Dira t'il.
Natures mortes et autres objets sordides Armé d’une maîtrise de philo mention Très Bien (s'il vous plaît !) obtenue pour faire plaisir à son père, il entre aux Beaux-Arts à
Paris, où il suit les cours du département de morphologie et dessine des natures mortes vraiment très mortes, comme les enfants à deux têtes et autres monstres de la collection de Geoffroy Saint-Hilaire, au Muséum d’histoire naturelle. Il assiste même à des autopsies avec un ami légiste et dessine toutes sortes de boyaux…
Sordide ? Peut-être. Mais ce goût du bizarre se retrouve aisément dans les traits de l'auteur et les alimente avec bonheur.
Petits mousquetaires, golems, momies et vampiresEn 1994, Delcourt et Dargaud acceptent enfin de publier ses 1ers livres. En quelques années,
Joann Sfar -à qui l'on reprochait ses histoires mal dessinées- devient aux côtés de Christophe Blain, Lewis Trondheim ou Emmanuel Guibert, le chef de file de la "nouvelle BD". Entendez : un courant neuf qui autorise un dessin plus libre, moins commercial, au service du récit. Ensemble, ils mettent la bande dessinée "d'auteur" à la portée du grand public.
Depuis, seul ou accompagné,
Joann Sfar a signé plus de 150 albums, quelques romans et des
films d'animation, dont un clip vidéo pour
Dionysos qui a été primé en 2006. Rien d'étonnant donc de retrouver le groupe de Mathias Malzieu dans le bande originale de Gainsbourg…
Si vous étiez le chat d'un rabbin…… et que du jour au lendemain vous pouviez parler, que demanderiez-vous ? A faire votre
bar-Mitsva bien sûr ! En 2002 naît l'audacieux
chat du Rabbin, un minou pas comme les autres, qui -après avoir avalé le perroquet de son maître- peut parler. Et il a des choses à dire. Entre humour impertinent et réflexions philosophiques, ce chat là est un beau miroir des petites hypocrisies humaines… A déguster sans modération !
A noter que le
film d'animation Le
chat du Rabbin est actuellement en préparation et devrait sortir en juin sur nos écrans. Et qui fait la voix du terrible félin ? François Morel. Plutôt sympathique non ? Nous vous encourageons d'ailleurs à jeter un coup d'oeil au casting voix du long-métrage, qui s'annonce aussi savoureux qu'un loukoum à la rose...
Gainsbourg, l'insoumisSfar affectionne les irrévérencieux, logique donc qu'il se soit penché sur l'artiste le plus impertinent du XXème siècle. Il nous raconte alors l'histoire, drôle et fantastique, de Serge Gainsbourg et de sa fameuse gueule. Où un petit garçon juif fanfaronne dans un
Paris occupé par les Allemands, où un jeune poète timide laisse sa peinture et sa chambre sous les toits pour éblouir les cabarets transformistes des Swinging Sixties. C’est une vie héroïque où les créatures de son esprit prennent corps à l’écran et sa verve se marie aux amours scandaleuses. De là est née une oeuvre subversive, avec en vedette, un citoyen fidèle et insoumis qui fera vibrer la planète entière.
Par la rédaction : Flora Hüttl
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