Dustin Hoffman dans
Tootsie de Pollack (1983) s'est inspiré, paraît-il, de sa propre mère pour jouer le rôle d'une femme. Après un bon ravalement de façade,
Robin Williams devient en 1994 l'inoubliable
Madame Doubtfire, la nounou énergique qui manie le plumeau comme personne.
Citons aussi Hugo Weaving dans Priscilla, folle du désert de Stephan Elliott (1995),
Patrick Swayze jouant à la drag queen dans Extravagances de Beeban Kidron (1996) ou encore Johnny Depp dans Ed Wood de Tim Burton(1995).Quant à
Martin Lawrence, il ose la transformation jusqu'à l'écœurement, voire le vulgaire dans Big Mamma et Big Mamma 2.
Du côté de l'hexagone En 1978, le kitchissime La cage aux folles et le personnage de Zaza Napoli incarné par
Michel Serrault permet de banaliser l'homosexualité dans les mœurs françaises.
Rappelez-vous de la délicieuse Katia du
film Le père Noël est une ordure (1982), interprétée par
Christian Clavier. Son personnage désespérée et en perpétuelle quête d'amour a fait hurlé de rire les français grâce à des phrases devenues cultes telles que "
Ca dépend, ça dépasse" ou "
Vous êtes myopes des yeux, myopes du cœur et myopes du cul !".
Plus tard,
Gad Elmaleh transpose son personnage
Chouchou sur le grand écran (2003) et
Didier Bourdon enfile la robe de Madame Irma, diseuse de bonne aventure (2006).
Du rire à l'émotion Mais le travesti n'est pas qu'une bête de foire. On se souvient encore de l'interprétation troublante de
Gael Garcia Bernal dans La mauvaise éducation de
Pedro Almodovar (2004), un cinéaste qui a l'habitude de demander à ses acteurs de se travestir (Miguel Bosé dans Talons aiguilles ou Toni Canto dans Tout sur ma mère).
Dans
Hedwig and the Angry Inch (2001), l'acteur réalisateur trash
John Cameron Mitchell ( Shortbus) campe un transsexuel allemand, star étonnante de rock qui sillonne avec son groupe les Etats-Unis, à la recherche de lui-même.
Dans le bouleversant
Change-moi ma vie de Liria Begeja,
Roschdy Zem bouscule les préjugés en incarnant un jeune algérien obligé de se prostituer pour vivre, tout comme Vincent Perez dans Ceux qui m'aiment prendront le train.
Moi, si j'étais un homme…De nombreuses actrices de muets, ont incarné des héros masculins ou androgynes, portant des costumes d'hommes et ajoutant ainsi une mystérieuse ambiguïté au scénario.
On se souvient également de Julia Andrews troublante en dandy dans Victor, Victoria (1982),
Zabou Breitman dans La travestie d'Yves Boisset (1988) ou encore Gwyneth Paltrow dans Shakespeare in love.
Autant d'œuvres qui attestent d'une évolution pour la figure du travesti, autrefois moquée et inquiétante, et qui apparaît aujourd'hui comme une figure sympathique et compliquée.
Par la rédaction : Virginie Beck
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